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Messages [ 15 ]

Sujet : Soir (Renée Vivien) 1901

La lumière agonise et meurt à tes genoux.



Viens, ô toi dont le front impénétrable et doux



Porte l'accablement des pesantes années:



Douloureuse et les traits mortellement pâlis,



Viens, sans autre parfum dans ta robe à longs plis



Que le souffle des fleurs depuis longtemps fanées.







Viens, sans fard à ta lèvre où brûle mon désir,



Sans anneaux, - le rubis, l'opale et le saphir



Déshonorent tes doigts laiteux comme la lune, -



Et bannis de tes yeux les reflets du miroir...



Voici l'heure très simple et très chaste du soir



Où la couleur oppresse, où le luxe importune.







Délivre ton chagrin du sourire éternel,



Exhale ta souffrance en un sincère appel:



Les choses d'autrefois, si cruelles et folles,



Laissons-les au silence, au lointain, à la mort...



Dans le rêve qui sait consoler de l'effort,



Oublions cette fièvre ancienne des paroles.







Je baiserai tes mains et tes divins pieds nus,



Et nos coeurs pleureront de s'être méconnus,



Pleureront les mots vils et les gestes infâmes.



Des vols s'attarderont dans la paix des chemins...



Tu joindras la blancheur mystique de tes mains,



Et je t'adorerai, dans l'ombre où sont les âmes.







                                                                                -- Renée Vivien --

Responsable de l'édition des écrits intimes de Renée Vivien
"Le papillon de l'âme"

Re : Soir (Renée Vivien) 1901

Sonnet à la Mort

J'attends, ô Bien-Aimée! ô vierge dont le front

Illumine le soir de pompe et d'allégresse,

Ton hymen aux blancheurs d'éternelle tendresse,

Car ton baiser d'amour est subtil et profond.



Notre lit sera plein de fleurs qui frémiront,

Et l'orgue clamera la nuptiale ivresse

Et le sanglot aigu pareil à la détresse,

Dans l'ombre où tu pâlis comme un lys infécond.



Et la paix des autels se remplira de flammes;

Les larmes, les parfums et les épithalames,

La prière et l'encens monteront jusqu'à nous.



Malgré le jour levé, nous dormirons encore

Du sommeil léthargique où gisent les époux,

Et notre longue nuit ne craindra plus l'aurore.



                                                                                -- Renée Vivien --

Responsable de l'édition des écrits intimes de Renée Vivien
"Le papillon de l'âme"

Re : Soir (Renée Vivien) 1901

Lucidité

L'art délicat du vice occupe tes loisirs,

Et tu sais réveiller la chaleur des désirs

Auxquels ton corps perfide et souple se dérobe.

L'odeur du lit se mêle aux parfums de ta robe.

Ton charme blond ressemble à la fadeur du miel.

Tu n'aimes que le faux et l'artificiel,

La musique des mots et des murmures mièvres.

Ton baiser se détourne et glisse sur les lèvres.

Tes yeux sont des hivers pâlement étoilés.

Les deuils suivent tes pas en mornes défilés.

Ton geste est un reflet, ta parole est une ombre.

Ton corps s'est amolli sous des baisers sans nombre,

Et ton âme est flétrie et ton corps est usé.

Languissant et lascif, ton frôlement rusé

Ignore la beauté loyale de l'étreinte.

Tu mens comme l'on aime, et, sous ta douceur feinte,

On sent le rampement du reptile attentif.

Au fond de l'ombre, telle une mer sans récif,

Les tombeaux sont encor moins impurs que ta couche...

O femme! je le sais, mais j'ai soif de ta bouche!



                                                                                -- Renée Vivien --

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"Le papillon de l'âme"

Re : Soir (Renée Vivien) 1901

Les Yeux Gris

Le charme de tes yeux sans couleur ni lumière



Me prend étrangement; il se fait triste et tard,



Et, perdu sous le pli de ta pâle paupière,



Dans l'ombre de tes cils sommeille ton regard.







J'interroge longtemps tes stagnantes prunelles.



Elles ont le néant du soir et de l'hiver



Et des tombeaux: j'y vois les limbes éternelles,



L'infini lamentable et terne de la mer.







Rien ne survit en toi, pas même un rêve tendre.



Tout s'éteint dans tes yeux sans âme et sans reflet,



Comme dans un foyer de silence et de cendre...



Et l'heure est monotone ainsi qu'un chapelet.







Parmi l'accablement du morne paysage,



Un froid mépris me prend des vivants et des forts...



J'ai trouvé dans tes yeux la paix sinistre et sage



Et la mort qu'on respire à rêver près des morts.







                                                                                 -- Renée Vivien --

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"Le papillon de l'âme"

Re : Soir (Renée Vivien) 1901

Morts inquiets

L'éclat de la fanfare et l'orgueil des cymbales,

Réveillant les échos, se prolongent là-bas,

Et, sous l'herbe sans fleurs des fosses martiales,

Les guerriers assoupis rêvent d'anciens combats.



Ils ne s'enivrent point des moiteurs de la terre

Tiède de baisers las et de souffles enfuis...

Seuls, ils ne goûtent point l'enveloppant mystère,

La paix et le parfum des immuables nuits.



Car leur sépulcre est plein de cris et de fumée

Et, devant leurs yeux clos en de pâles torpeurs,

Passe la vision de la plaine embrumée

D'haleines, de poussière et de rouges vapeurs.



Ils attendent, tout prêts à se lever encore,

Les premières lueurs, le clairon du réveil,

Le lourd piétinement des chevaux à l'aurore,

Les chansons du départ... et la marche au soleil!



Que le ciel triomphal du couchant leur rappelle

Les vieux champs de bataille et de gloire, en versant

L'écarlate sinistre et la pourpre cruelle

De ses reflets, pareils aux larges flots de sang!



Que le vent, aux clameurs de victoire et de rage,

Le vent qui dispersait la cendre des foyers,

Mêle à leur tombe ardente, avec un bruit d'orage,

Le superbe frisson des drapeaux déployés!



                                                                                -- Renée Vivien --

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Re : Soir (Renée Vivien) 1901

Let their Dead bury their Dead

Voici la nuit: je vais ensevelir mes morts,

Mes songes, mes désirs, mes douleurs, mes remords,

Tout le passé... Je vais ensevelir mes morts.



J'ensevelis, parmi les sombres violettes,

Tes yeux, tes mains, ton front et tes lèvres muettes,

O toi qui dors parmi les sombres violettes!



J'emporte cet éclair dernier de ton regard...

Dans le choc de la vie et le heurt du hasard,

J'emporte ainsi la paix de ton dernier regard.



Je couvrirai d'encens, de roses et de roses,

La pâle chevelure et les paupières closes

D'un amour dont l'ardeur mourut parmi les roses.



Que s'élève vers moi l'âme froide des morts,

Abolissant en moi les craintes, les remords,

Et m'apportant la paix souriante des morts!



Que j'obtienne, dans un grand lit de violettes,

Cette immuable paix d'éternités muettes

Où meurt jusqu'à l'odeur des douces violettes!



Que se reflète, au fond de mon calme regard,

Un vaste crépuscule immobile et blafard!

Que diminue enfin l'ardeur de mon regard!



Mais que j'emporte aussi le souvenir des roses,

Lorsqu'on viendra poser sur mes paupières closes

Les Lotus et le lys, les roses et les roses!...



                                                                                -- Renée Vivien --

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"Le papillon de l'âme"

Re : Soir (Renée Vivien) 1901

L'Automne

L'Automne s'exaspère ainsi qu'une Bacchante



Ivre du sang des fruits et du sang des baisers



Et dont on voit frémir les seins inapaisés...



L'Automne s'assombrit ainsi qu'une Bacchante



Au sortir des festins éclatants et qui chante



La moite lassitude et l'oubli des baisers.







Les yeux à demi clos, l'Automne se réveille



Et voit l'éclat perdu des clartés et des fleurs



Dont le soir appauvrit les anciennes couleurs...



Les yeux à demi clos, l'Automne se réveille:



Ses membres sont meurtris et son âme est pareille



A la coupe sans joie où s'effeuillent les fleurs.







Ayant bu l'amertume et la haine de vivre



Dans le flot triomphal des vignes de l'été,



Elle a connu le goût de la satiété.



L'amertume latente et la haine de vivre



Corrompent le festin dont le monde s'enivre,



Etendu sur le lit nuptial de l'été.







L'Automne, ouvrant ses mains d'appel et de faiblesse,



Se meurt du souvenir accablant de l'amour



Et n'ose en espérer l'impossible retour.



Sa chair de volupté, de langueur, de faiblesse,



Implore le venin de la bouche qui blesse



Et qui sait recueillir les sanglots de l'amour.







Le coeur à moitié mort, L'Automne se réveille



Et contemple l'amour à travers le passé...



Le feu vacille au fond de son regard lassé.



Dans son verger flétri l'Automne se réveille.



La vigne se dessèche et périt sur la treille,



Dans le lointain pâlit la rive du passé...







                                                                                 -- Renée Vivien --

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Re : Soir (Renée Vivien) 1901

Prophétie

Tes cheveux aux blonds verts s'imprègnent d'émeraude



Sous le ciel pareil aux feuillages clairs.



L'odeur des pavots se répand et rôde



Ainsi qu'un soupir mourant dans les airs.



Les yeux attachés sur ton fin sourire,



J'admire son art et sa cruauté,



Mais la vision des ans me déchire,



Et, prophétiquement, je pleure ta beauté!







Puisque telle est la loi lamentable et stupide,



Tu te flétriras un jour, ah! mon lys!



Et le déshonneur public de la ride



Marquera ton front de ce mot: Jadis!



Tes pas oublieront ce rythme de l'onde;



Ta chair sans désir, tes membres perclus



Ne frémiront plus dans l'ardeur profonde:



L'amour désenchanté ne te connaîtra plus.







Ton sein ne battra plus comme l'essor de l'aile



Sous l'oppression du coeur généreux,



Et tu fuiras l'heure exquise et cruelle



Où l'ombre pâlit le front des heureux.



Ton sommeil craindra l'aurore où persiste



Le dernier rayon des derniers flambeaux:



Ton âme de vierge amoureuse et triste



S'éteindra dans tes yeux plus froids que les tombeaux.







                                                                                 -- Renée Vivien --

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Re : Soir (Renée Vivien) 1901

La Pleureuse

Elle vend aux passants ses larmes mercenaires,

Comme d'autres l'encens et l'odeur des baisers.

L'amour ne brûle plus dans ses yeux apaisés

Et sa robe a le pli rigide des suaires.



Son deuil impartial, à l'heure des sommeils,

Gémit sur les anciens aux paupières blêmies

Et sur le blanc repos des vierges endormies,

Avec la même angoisse et des gestes pareils.



Le vent des nuits d'hiver se lamente comme elle,

Pleurant sur les pervers et les purs tour à tour,

Car elle les confond dans un unique amour

Et verse à leur néant la douleur fraternelle.



Les jours n'apportent plus, dans leurs reflets mouvants,

Qu'un instant de parfum, de beauté, d'allégresse,

A son âme qu'un râle inexorable oppresse,

Lasse de la souffrance ardente des vivants.



Vers le soir, quand décroît l'odeur des ancolies

Et quand la luciole illumine les prés,

Elle s'étend parmi les morts qu'elle a pleurés,

Parmi les rois sanglants et les vierges pâlies.



Sous les cyprès qui semblent des flambeaux éteints,

Elle vient partager leur couche désirable,

Et l'ombre sans regrets des sépulcres l'accable

De sanglots oubliés et de désirs atteints.



Elle y vient prolonger son rêve solitaire,

Ivre de vénustés et de vagues chaleurs,

Et sentir, le visage enfiévré par les fleurs,

D'anciennes voluptés sommeiller dans la terre.



                                                                                -- Renée Vivien --

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Re : Soir (Renée Vivien) 1901

Fleurs de Séléné


Elles ont des cheveux pâles comme la lune,



Et leurs yeux sans amour s'ouvrent pâles et bleus,



Leurs yeux que la couleur de l'aurore importune.



Elles ont des regards pâles comme la lune,



Qui semblent refléter les astres nébuleux.



Leurs paupières d'argent, qu'un baiser importune,



Recèlent des rayons langoureusement bleus.







Elles viennent charmer leur âme solitaire



De l'ensorcellement des sombres chastetés,



De l'haleine des cieux, des souffles de la terre.



Nul parfum n'a troublé leur âme solitaire.



L'ivoire des hivers, la pourpre de l'été



Ne les effleurent point des reflets de la terre:



Elles gardent l'amour des sombres chastetés.







Leur robe a la lourdeur du linceul qu'on déploie,



Grise sous le regard nocturne des hiboux,



Et leur sourire éteint la caresse et la joie.



Leur robe a la lourdeur du linceul qu'on déploie.



Elles penchent leurs fronts et leurs gestes sont doux



Vers les agonisants du songe et de la joie



Qui râlent sous les yeux nocturnes des hiboux.







Elles aiment la mort et la blancheur des larmes...



Ces vierges d'azur sont les fleurs de Séléné.



Possédant le secret des philtres et des charmes,



Elles aiment la mort et la lenteur des larmes,



Et la fleur vénéneuse au calice fané.



Leurs mains ont distillé les philtres et les charmes,



Et leurs yeux pâles sont les fleurs de Séléné.







                                                                                 -- Renée Vivien --

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Re : Soir (Renée Vivien) 1901

Ressemblance inquiétante


J'ai vu dans ton front bas le charme du serpent.

Tes lèvres ont humé le sang d'une blessure,

Et quelque chose en moi s'écoeure et se repent

Lorsque ton froid baiser me darde sa morsure.



Un regard de vipère est dans tes yeux mi-clos,

Et ta tête furtive et plate se redresse

Plus menaçante après la langueur du repos.

J'ai senti le venin au fond de ta caresse.



Pendant les jours d'hiver aux carillons frileux,

Tu rêves aux tiédeurs qui montent des vallées,

Et l'on songe, en voyant ton long corps onduleux,

A des écailles d'or lentement déroulées.



Je te hais, mais la souplesse de ta beauté

Me prend et me fascine et m'attire sans cesse,

Et mon coeur, plein d'effroi devant ta cruauté,

Te méprise et t'adore, ô Reptile et Déesse!



                                                                                -- Renée Vivien --

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Re : Soir (Renée Vivien) 1901

Le Sang des Fleurs

Ainsi que, sur les montagnes, les pâtres

                foulent aux pieds l'hyacinthe, et la fleur

                s'empourpre sur la terre.

                                                       Psappha.



Le soir s'attriste encor de ses clartés éteintes.

Des rêves ont troublé l'air pâle et languissant,

Et, chantant leurs amours, les pâtres, en passant,

Ecrasent lourdement les frêles hyacinthes.



L'herbe est pourpre et semblable à des champs de combats,

Sous le rouge d'un ciel aux tons de cornalines,

Et le sang de la fleur assombrit les collines.

Le soleil pitoyable agonise là-bas.



Sans goûter pleinement la paix de la campagne,

Je songe avec ferveur, et mon coeur inquiet

Porte le léger deuil et le léger regret

De la muette mort des fleurs sur la montagne.



                                                                                -- Renée Vivien --

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Re : Soir (Renée Vivien) 1901

Lassitude


Je dormirai ce soir d'un large et doux sommeil.

Fermez les lourds rideaux, tenez les portes closes,

Surtout ne laissez pas pénétrer le soleil.

Mettez autour de moi le soir trempé de roses.



Posez, sur la blancheur d'un oreiller profond,

Ces mortuaires fleurs dont le parfum obsède.

Posez-les dans mes mains, sur mon coeur, sur mon front,

Ces fleurs pâles, qui sont comme une cire tiède.



Et je dirai très bas: "Rien de moi n'est resté.

Mon âme enfin repose. Ayez donc pitié d'elle!

Respectez son repos pendant l'éternité."

Je dormirai ce soir de la mort la plus belle.



Que s'effeuillent les fleurs, tubéreuses et lys,

Et que se taise, enfin, au seuil des portes closes,

Le persistant écho des sanglots de jadis...

Ah! le soir infini! le soir trempé de roses!



                                                                                -- Renée Vivien --

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Re : Soir (Renée Vivien) 1901

Devant la Mort d'une Amie véritablement aimée


Ils me disent, tandis que je sanglote encore:



"Dans l'ombre du sépulcre où sa grâce pâlit,



Elle goûte la paix passagère du lit,



Les ténèbres au front, et dans les yeux l'aurore.







"Mais elle a la splendeur de l'Esprit délivré,



Rêve, haleine, harmonie, éclat, parfum, lumière!



Le cercueil ne la peut contenir tout entière,



Ni le sol de chair morte et de pleurs enivré.







"Les larmes d'or du cierge et le cri du cantique,



Les lys fanés, ne sont qu'un symbole menteur:



Dans une aube d'avril qui vient avec lenteur,



Elle refleurira, violette mystique."







Moi, j'écoute parmi les temples de la mort



Et sens monter vers moi la chaleur de la terre.



Cette accablante odeur recèle le mystère



De l'ombre où l'on repose et du lit où l'on dort.







J'écoute, mais le vent des espaces emporte



L'audacieux espoir des infinis sereins.



Je sais qu'elle n'est plus dans l'heure que j'étreins,



L'heure unique et certaine, et moi, je la crois morte.







                                                                                 -- Renée Vivien --

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Re : Soir (Renée Vivien) 1901

Epitaphe


Doucement tu passas du sommeil à la mort,



De la nuit à la tombe et du rêve au silence,



Comme s'évanouit le sanglot d'un accord



Dans l'air d'un soir d'été qui meurt de somnolence.



Au fond du Crépuscule où sombrent les couleurs,



Où le monde pâlit sous les cendres du rêve,



Tu sembles écouter le reflux de la sève



Et l'avril musical qui fait chanter les fleurs.



Le velours de la terre aux caresses muettes



T'enserre, et sur ton front pleurent les violettes.








                                                                                -- Renée Vivien --

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