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Sujet : L'éternel combat des brunes contre les blondes / Jusqu'au 16 janvier

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Suivre une femme. Alain Bergala, commissaire de l'exposition "Brune/Blonde" qui s'est ouverte à la Cinémathèque, a choisi son guide : Shu Qi, la protagoniste du Millenium Mambo de Hou Hsiao-hsien. Elle nous attend à l'entrée, pour peu qu'on veuille bien lever les yeux vers l'écran qui surplombe la première porte, et nous entraîne derrière elle, d'une pièce à l'autre, arpentant un tunnel en laissant sa chevelure flotter derrière elle.

Cette promenade à effluves érotiques nous invite au trouble de l'instant où la blonde Catherine Deneuve défait lentement son chignon dans Belle de jour de Luis Buñuel, où la brune Anna Karina secoue la tête pour faire voltiger ses cheveux autour de son visage dans Le Petit Soldat de Jean-Luc Godard. Elle montre comment les héros d'Ingmar Bergman empoignent des tignasses féminines pour exercer une violence sexuelle, comment Falconetti se prête chez Carl Dreyer à la scène rituelle de la tonte dans les films sur Jeanne d'Arc, comment l'on voile et dévoile, coiffe et décoiffe, comment Tarkovski idéalise une belle chevelue, et comment Samuel Fuller ôte la perruque d'une vamp pour la faire apparaître chauve, dans The Naked Kiss.

Rythmée par de nombreuses projections (montages de scènes par thématiques, documents d'archives), "Brune/Blonde" (qui fait aussi allégeance aux rousses) explore l'histoire du cinéma mais aussi l'histoire des arts (peinture, sculpture, photographie), confronte des oeuvres de diverses disciplines aux scénarios du désir, du totalitarisme, de la transgression, de l'identité des sexes, de la volupté hollywoodienne... Soucieuse de chronologie, elle compare les civilisations (avec reconstitutions de salons de coiffure arabe, asiatique, africain), montre l'influence de l'imaginaire cinématographique sur la société.

Mythes et stéréotypes sont illustrés par la flamboyante Bruna Brunelleschi du préraphaélite Rossetti, les icônes que sont restées Louise Brooks, Marilyn Monroe, Rita Hayworth ou les divas italiennes, leurs descendantes postmodernes. Une affiche de Rotella, une photographie de Cindy Sherman, la Lana Turner d'Andy Warhol, les travaux kitsch de Picabia montrent la corrosion des figures de rêve.

Marilyn Monroe se proclamait "blonde de l'intérieur". Mais comment le XXe siècle imposa-t-il la couleur platine en produit, en fantasme, en pureté et idéologie raciale, comment la blondeur s'imposa-t-elle dans les années 1950 en idéal de la ménagère, majorette, poupée Barbie ? Comment ranger la blonde hitchcockienne et cerner son mystère dans cette obsession de la norme dorée ?

Le montage d'Alain Bergala est envoûtant. Rivales, métamorphoses, sacrifices, travestissements, rituels, reliques. Crêpages de chignon dans un film primitif, bande d'actualités de 1966 montrant le président Bourguiba descendant dans la foule et ôtant le voile d'une femme du peuple, splendeurs fatales chez Man Ray, crinières chez Edouard Boubat. Cette photographie du début du XX e siècle de Paul Haviland, où la tresse brune de Florence Peterson nue, assise, descend jusqu'à son pubis, comme image du fétichisme. L'Escalier de Paul Delvaux annonçant la coexistence des variantes capillaires de Mulholland Drive de David Lynch. D'arme de séduction, le cheveu devient matière, motif d'abstraction : algue, végétal, fleur, mises en trophées chez Gustave Moreau, Munch ou Mucha. Alain Bergala a pu concrétiser ce projet qu'il mûrit depuis vingt ans grâce à des prêts de musées du monde entier.

Une petite salle projette six courts métrages, signés pour l'occasion par Abbas Kiarostami, Yousry Nasrallah, Nobuhiro Suwa, Isild Le Besco, Pablo Trapero, Abderrahmane Sissako. Dans le premier (magique), il est demandé à une petite fille si elle accepterait de se faire raser les cheveux pour un film. Réponse à la Cinémathèque.


"Brune/Blonde", à la Cinémathèque française jusqu'au 16 janvier 2011.
51, rue de Bercy, Paris-12e. Tél. : 01-71-19-33-33. Entrée : De 4 € à 8 €.
Catalogue Skira Flammarion/Cinémathèque française, 208 p., 39,90 €. Six conférences : 4 € chacune.

七転び八起き

Ichi-go
Ichi-e

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Re : L'éternel combat des brunes contre les blondes / Jusqu'au 16 janvier

Yeah ça me dit bien  cligne-1

Can you add colors inside this smile  ?

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