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Messages [ 4 ]

Sujet : Verlaine

Après une enfance à Metz, il fait ses études à Paris et trouve un emploi à l'Hôtel de Ville. Il fréquente les salons et cafés littéraires de la capitale et fait la connaissance de nombreux poètes célèbres de son époque. Ces rencontres l'incitent à composer lui aussi des vers. Verlaine est d'un caractère timide, et cette faiblesse est aggravée par des deuils familiaux : il se tourne alors vers la boisson. La rencontre de MathildeMaute, puis leur mariage en 1870, le détournent un temps de l'alcool. C'est alors que Verlaine croise le chemin d'Arthur Rimbaud dont il tombe littéralement amoureux. Il abandonne sa femme pour suivre Rimbaud en Angleterre et en Belgique. Mais les relations entre ces deux hommes trop différents sont orageuses : en 1873 Verlaine blesse Rimbaud avec un révolver et est condamné à deux ans de prison.  Il y compose des poèmes emplis de mysticisme. Verlaine prend de bonnes résolutions mais ne les tient pas : il recommence à boire sitôt sorti de prison. Sa misère matérielle et physique devient de plus en plus profonde. Pourtant sa valeur poétique commence à être reconnue et lui vaut des appuis. En 1894, il est couronné «Prince des poètes» et se voit doté d'une pension. Cela ne l'empêche pas de tomber dans la misère la plus totale. Il meurt en 1896 à Paris.


Il pleut dans mon coeur (Pour Rimbaud.)

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !

"Du céleste s'éteint ma bouche ........Aller vers toi!
Du parfum le désir que j'aime.....T'étais là,
Seule au bord du ravin, tu me dis ....."On y va ?"
Toi contre moi, Moi contre toi. "

Celeste- Saez

Re : Verlaine

J'ai presque peur, en vérité

J'ai presque peur, en vérité,
Tant je sens ma vie enlacée
A la radieuse pensée
Qui m'a pris l'âme l'autre été,

Tant votre image, à jamais chère,
Habite en ce coeur tout à vous,
Mon coeur uniquement jaloux
De vous aimer et de vous plaire ;

Et je tremble, pardonnez-moi
D'aussi franchement vous le dire,
A penser qu'un mot, un sourire
De vous est désormais ma loi,

Et qu'il vous suffirait d'un geste.
D'une parole ou d'un clin d'oeil,
Pour mettre tout mon être en deuil
De son illusion céleste.

Mais plutôt je ne veux vous voir,
L'avenir dût-il m'être sombre
Et fécond en peines sans nombre,
Qu'à travers un immense espoir,
Plongé dans ce bonheur suprême
De me dire encore et toujours,
En dépit des mornes retours,
Que je vous aime, que je t'aime !



Ce poème composé de six quatrains en octosyllabes est tout simplement une déclaration d'amour dans laquelle le poète dit à la personne qu'il aime toute l'importance qu'elle représente à ses yeux. L'ensemble est à première vue assez conventionnel, mais une lecture attentive montre que ce texte va bien au-delà d'un simple jeu avec les conventions. Une seconde lecture plus approfondie va cependant nous conduire plus loin que cette déclaration apparemment sincère mais s'appuyant sur les ressources léguées par la tradition. En l'examinant d'un peu plus près, on constate que, paradoxalement, cette déclaration d'amour est presque de bout en bout l'expression d'une peur. Cette pièce loin d'être donc une simple déclaration d'amour mièvre et conventionnelle, se présente comme une tentative désespérée pour maintenir un peu de lumière sur un astre d'où émanent quelques lueurs mais dont le poète sait, en dépit de ses efforts de dénégation, qu'il s'agit d'un astre mort ou à court terrme promis à la mort.

"Du céleste s'éteint ma bouche ........Aller vers toi!
Du parfum le désir que j'aime.....T'étais là,
Seule au bord du ravin, tu me dis ....."On y va ?"
Toi contre moi, Moi contre toi. "

Celeste- Saez

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Re : Verlaine

C'est chouette tout cela, mais s'il te plait, n'oublie pas de citer les sources des analyses/commentaires, si ce n'est pas de toi ; par respect pour les auteurs.
Merci !

~ Être différent, c'est être intéressant.
Aimer, c'est partager cette différence avec autrui. ~

Re : Verlaine

Sept poèmes de Verlaine ont inspiré des compositions brillantes à Reynaldo Hahn (cycle les Chansons Grises) qui les accompagne d'un chant lyrique. L'ensemble met superbement en valeur les textes.

Je vous invite à écouter mon préféré, l' Heure Exquise , chanté par Susan Graham (apparemment,elle n'aurait pas le timbre traditionnel, mais l'interprétation me semble parfaite) :

http://www.youtube.com/watch?v=vJIz86Mtyek


L' Heure Exquise

La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée ...

Ô bien-aimée.

L'étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure ...

Rêvons, c'est l'heure.

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l'astre irise ...

C'est l'heure exquise.



             Verlaine





Source: Wikipedia , Youtube

"Ouvrez moi cette porte ou je frappe en pleurant"
                                                                              Apollinaire

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