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Sujet : Rohtenburg : A Grimm Love

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Réalisé par Martin Weisz
Avec Keri Russell, Thomas Kretschmann, Thomas Huber   Plus...
Film allemand. Genre : Drame
Durée : 1h 30min. Année de production : 2006

Le cannibalisme. L'un des tabous ultimes de l'humanité, rarement abordé au cinéma, sinon avec complaisance et sensationnalisme, ou sous l'angle du thriller sanguinolent et à sensations fortes, à la manière de The Silence of the Lambs. Un écueil qu'évite Butterfly: A Grimm Love Story, sans pour autant ménager le spectateur, confronté à une horrible histoire trouvant son origine dans l'incroyable et sordide fait réel qui s'est produit en Allemagne en 2001. Un homme assoiffé de chair humaine avait alors recruté une victime sur le Web, sur un site de discussion sur le cannibalisme, et les deux inconnus avaient scellé un pacte dans lequel la victime, consentante, acceptait de se faire dévorer par son prédateur. Ce fait divers avait bien sûr défrayé les manchettes à l'échelle internationale, et le cinéaste Martin Weisz a osé le transposer au cinéma, non sans utiliser quelques libertés narratives et d'interprétation, qui ne l'ont pas empêché de rencontrer quelques difficultés en son pays, où le film a été victime de censure, sous prétexte qu'il portait atteinte aux droits de cet homme qui fut trouvé coupable de ce crime inimaginable.

Weisz a pourtant approché son sujet de manière intelligente et nuancée, en dressant un portrait humain, complexe et étonnamment touchant de ces deux êtres profondément blessés et malheureux, certes perturbés et déviants, développant une complicité maladive et destructrice, mais jamais présentés comme des monstres ou des psychopathes. Ce qui est tout à l'honneur de sa démarche, tant le cinéaste est davantage intéressé par l'exploration des recoins les plus obscurs et inavouables de l'être humain, ainsi que par la psychologie d'individus tourmentés, plutôt que par la simple illustration de la barbarie innommable du cannibalisme en lui-même. Certes, le film ne contourne pas son sujet, et de nombreuses scènes choquantes, en particulier dans sa dernière partie, funèbre, macabre et répugnante à souhait, laisseront plus d'une personne prostrée dans la terreur et le dégoût absolus. Mais Butterfly laisse clairement sous-entendre que ces pulsions destructrices sont présentes en chacun de nous, ce qui les rend d'autant plus troublantes et dérangeantes.

Cet aspect est bien illustré par le choix narratif effectué par Weisz et par son scénariste T.S. Faull, qui ont créé une forme de distanciation face à la lourdeur du sujet, avec l'aide d'un stratagème qui sert et dessert le film tout à la fois. Ainsi, ils ont créé le personnage de Katie Armstrong (jouée avec conviction par Keri Russell), une étudiante américaine ayant développé une fascination excessive pour ce fait divers. Souhaitant rédiger une thèse sur le sujet, elle déménage en Allemagne et tente de comprendre ce qui a pu mener ces deux êtres vers une décision aussi morbide et incompréhensible. Admirablement construit, le récit se déploie ainsi sous la forme très efficace d'un va-et-vient entre le présent - celui de l'enquête personnelle de la jeune femme, se transformant en une véritable obsession - et le passé, illustrant à la fois l'enfance et la vie adulte des deux hommes (formidablement interprétés par Thomas Kretschmann et Thomas Huber), puis les circonstances de leur rencontre fatidique, dévoilées dans une dernière partie qui donne littéralement froid dans le dos, non sans distiller une fine émotion déstabilisante.

Avec une telle matière, on aurait pu craindre les pires dérapages complaisants : Weisz les contourne presque tous, tout en scrutant le malaise sans ménagement. Terriblement mélancolique, le ton du film est glauque à satiété, mais d'une justesse remarquable, et il est brillamment soutenu par une mise en scène formidable et imaginative. Butterfly a été récompensé par de nombreux festivals, dont le prestigieux Sitges, qui a judicieusement primé la réalisation flamboyante, la splendide direction photo et l'interprétation des deux acteurs. Le travail visuel du film est à couper le souffle. La palette de couleurs restitue l'atmosphère décadente et mortifère, tandis que le style inventif prend la triple forme d'un univers glacé et froid dans le présent (qui évoque en maints endroits le Lynch de Mulholland Drive, jusque dans l'emploi d'une musique dramatique et lyrique à la Badalamenti), puis décati et décomposé dans le passé de l'enfance des protagonistes (superbement rendu par un travail de salissage de l'image et un aspect imitant les films amateurs usés par le temps), et enfin d'un dénouement grotesque, lugubre et gothique, dans une dernière partie qui assène le coup de grâce au spectateur.

Butterfly: A Grimm Love Story parvient ainsi tout à la fois à éblouir l'oeil du cinéphile, à déranger sa conscience et à troubler ses repères, ce qui en dit long sur sa réussite dans un registre aussi périlleux. Le film n'est toutefois pas exempt de défauts. On regrettera ainsi le choix de la langue anglaise, alors que le film se déroule entièrement en Allemagne. Ceci a toutes les allures d'une concession afin de conquérir un auditoire international, sinon américain. Pourtant, le film s'adresse manifestement à un auditoire ciblé et spécialisé qui ne pourra qu'être déçu de cet aspect dénaturé, d'autant plus évident que les acteurs allemands s'expriment dans un anglais à l'accent très marqué. On regrettera également que le personnage principal soit interprété par une jeune actrice américaine, ce qui renforce l'impression que l'on tente de vendre ce film à un public nord américain élargi. Ce n'est pas un hasard si le scénario compte justement quelques faiblesses et invraisemblances dans la partie qui se déroule au présent, lors des recherches de l'étudiante américaine. Le dispositif d'identification que ce personnage crée avec le public est certes pertinent, car il évite de sombrer dans un exercice qui deviendrait sans doute étouffant et intolérable. Le spectateur s'identifie à elle dans sa fascination morbide tout comme dans son dégoût et son incompréhension devant cette histoire, mais certains aspects artificiels de cette distanciation sont un peu moins réussis. Malgré ces désagréments somme toute mineurs en regard de la qualité de l'ensemble et des prouesses indéniables de la mise en scène, Butterfly est une exploration audacieuse et sensible du cannibalisme, une histoire d'amour tragique et surprenante, ainsi qu'une expérience de cinéma que ceux qui ont l'audace de s'y frotter ne sont pas prêts d'oublier. À voir uniquement si vous avez l'estomac solide.

Est-ce qu'on peut dire que "Rohtenburg" parle vraiment de ce fait divers qui s'est déroulé en Allemagne ? Personnellement, je vois ce film comme une réflexion sur le voyeurisme. Qu'est-ce qui nous pousse ou bien à être obsédé par l'idée de voir la mort ? Autre point interessant dans le film de Martin "remake de "la Colline a des yeux 2"" Weisz est le fait qu'au lieu de nous balancer simplement les faits, il va essayé de fouiller du côté psychologique de l'histoire. C'est triste, très sombre (dans tous les sens du terme), pas un chef d'oeuvre mais une oeuvre qui mérite largement le coup d'oeil.

Loin d'être un film d'horreur ou un thriller, ce drame tente de retracer des faits et de comprendre ce qui peut pousser deux hommes à commettre des actes incompréhensibles. Compte tenu du sujet, l'ensemble est plutôt sobre même si la dernière partie est un peu plus tapageuse avec un final assez gore. Les acteurs s'en sortent bien et il est dommage que Keri Russell soit sous exploitée. Finalement, on pouvait vraiment s'attendre à pire et ce film vaut le coup d'œil.


http://www.toile-gothique.com/forum/img/attached/187-w-1241845737.png

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http://www.travellingavant.net/butterflyagrimmlovestory.htm

AVIS PERSONNEL :

Même si le film ne raconte pas texto le faits divers qui s'est déroulé en Allemagne il y a 8 ans, on ne peut s'empêcher d'y penser, surtout au fait que la justice avit eu bien du mal à trancher.
Les acteurs sont biens et, comme le disent les critiques, le côté psychologique prédomine, ce qui amène à se poser plein de questions. Pas un grand film mais un film bien fait et agréable à regarder.

http://www.toile-gothique.com/forum/img/attached/187-a-1213588490.jpg

"Saw heaven and hell were lies
When I'm god everybody dies"

Re : Rohtenburg : A Grimm Love

Très bien jouer en tout cas et interéssant, on en vient à avoir de la sympathie aussi bien pour le cannibale que pour sa victime.

Pour infos : Armin Meiwes le cannibale n'avait pas était considéré comme meurtrier vu que la victime était consentante il avait été condamné à 8 ans et demi de prison et va être libérable pour bonne conduite dans peu de temps (le mois prochain).

http://www.toile-gothique.com/forum/img/attached/4-a-1251375038.gif

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Re : Rohtenburg : A Grimm Love

Ca a l'air intéressant oui. Il faudra que j'essaie de le voir.

Déesse au fouet du forum.
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Mon blog couture: http://aradiadeadrose.canalblog.com/

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