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Sujet : La Pluie Du Diable

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La Pluie du diable - 1975
(The Devil's rain)
Origine : Etats-Unis
Genre : Fantastique

Réalisé par Robert Fuest.
Avec Ernest Borgnine, William Shatner, Tom Skerritt, Joan Prather, Eddie Albert, Ida Lupino, Keenan Wynn, Claudio Brook, John Travolta.

A peine installés dans une petite bourgade du Sud Ouest de l'Amérique, les époux Preston sont harcelés par des bruits et menaces en tout genre avant d'être kidnappés. Ceux-ci ont la mauvaise chance de détenir un manuscrit maléfique vieux de 300 ans, recherché depuis lors par une église satanique squattant les lieux. A la tête de la secte, Jonathan Corbis, gourou sans pitié et prêt aux pires tortures pour parvenir à ses fins. Alerté par la disparition de ses parents, Mark, le fils Preston se rend sur place, mais se fait également capturer. C'est au tour de Tom, le frère cadet de se rendre sur les lieux. Au courant des faits et pour ce faire, il emmène sa femme Julie dans ses bagages. Celle-ci, douée de pouvoirs paranormaux, ne pourra qu'être un atout, tout comme le docteur Richards, savant passionné de surnaturel. A trois, ils tenteront de découvrir la vérité quant à la disparition mystique de la famille et devront affronter le mal, peut-être même l'enfer lui-même.
Lorsqu'il tourne "La pluie du diable" en 1975, Robert Fuest n'en est déjà plus à son coup d'essai et s'est déjà fait une petite renommée méritée avec ses premiers films tournés en Angleterre comme ce qui reste à ce jour son classique, "L'Abominable Docteur Phibes". Ses premiers pas cinématographiques étaient déjà prometteurs ("And Soon and Darkness" en 1970), mais c'est le plus souvent sa collaboration avec Vincent Price que l'on retient. Fuest avait pourtant livré deux films, certes inégaux, dont la suite de "Phibes" puis surtout les très intéressantes "Décimales du Futur" d'après les écrits de Michael Moorcock. Bien que diversement appréciés, ses derniers films n'avaient pas entaché la bonne réputation du réalisateur qui, pour le coup, migre aux Etats-Unis, à la tête d'un projet ambitieux et d'envergure.

   

Le casting dont il bénéficie est même assez bluffant puisqu'on retrouve ici pas mal d'acteurs confirmés à commencer par Ernest Borgnine - qui s'en donne à coeur joie - dans le rôle casse gueule du gourou de Satan à la recherche du manuscrit ancestral. William Shatner, le Capitaine Kirk toujours en action est aussi de la partie. Outre la série "Star Trek", on avait pu apprécier un véritable talent d'acteur dans des films, certes peu connus, mais pourtant très estimables comme "Incubus" de Leslie Stevens ou l'excellent "The Intruder" de Roger Corman. On retrouve également Eddie Albert qui a déjà alors plus de 35 ans de carrière ainsi que Claudio Brook, la grande Ida Lupino, Tom Skerritt et accessoirement John Travolta puisque c'est ici son premier rôle, peu marquant il est vrai. Il faudra d'ailleurs être très vigilant pour le remarquer.
Par ailleurs et pour la crédibilité du projet, on fit appel, en qualité de consultant, à Anton LaVey, fondateur de l'Église Satanique américaine, auteur d'une Bible Satanique qui a fait le tour du monde et fut même traduite en français. L'auteur apparaît même à l'écran comme assistant du diabolique prédicateur. Bref on peut raisonnablement dire que ce fut là un projet ambitieux avec un véritable souci de réalisme dans sa représentation du diable.
Pourtant force est de constater que le résultat à l'écran est très inégal, donnant tour à tour un sentiment de réussite puis de grotesque. Si les acteurs ne sont pas à condamner, peut-être que les situations qui les mettent en scène ne convainquent pas toujours et flirtent très souvent avec le kitch dans le meilleur des cas, le ridicule dans le pire. Par exemple, un final qu'on a le droit d'apprécier par ce même côté kitch, mais qui s'étire beaucoup trop jusqu'à devenir risible. De même le long flash back qui intervient à mi-film et qui semble avoir été rajouté pour raccorder in-extremis le tout et cassant un peu trop subitement le rythme du film. C'est d'ailleurs un peu dommage car la photographie ocre / orange est des plus belles.
En contre partie, les qualités intrinsèques et les bons moments ne manquent pas non plus. D'ailleurs tout ce qui touche à la direction artistique est superbe, comme l'intérieur très contrasté de cette église du mal, la photographie de ce désert menaçant dans lequel seul le vent semble donner signe de vie et qui fait la première demie heure du film. La meilleure partie selon moi, soutenue du reste par une remarquable musique d'Al De Lory qui laisse constamment le spectateur sur le qui-vive. Ailleurs les serviteurs aux visages énucléés font leur petite impression également même si l'on pourra trouver le maquillage un brin daté. Désuétude qui fait à la fois le charme et les limites de ce "Devil's rain", puisqu'ailleurs il faudra être sans doute plus tolérant quant à la tête de bouc qu'arborera durant quelques scènes Ernest Borgnine. Soit, on sourit, mais le film perd alors sa dimension inquiétante qu'il avait su installer ailleurs. Tout ceci reste finalement très inégal, avec d'un côté un récit trop contrasté, de l'autre des fautes de goût et un brin de complaisance. Impression également mitigée côté acteurs. Si Ernest Borgnine semble se démener comme un beau diable, le rôle eût été peut-être plus seyant à un acteur plus rompu à l'exercice diabolique comme Vincent Price ou Christopher Lee. Borgnine, sans démériter, finit d'avantage à évoquer le lutin qu'à provoquer la peur. Ça se joue à peu de choses, mais c'est suffisant pour détourner le film de son objectif et de substituer au spectacle angoissant initialement voulu un spectacle de série B aux allures rigolardes.
"La pluie du diable" n'est pourtant pas un film à éviter. Il recèle même en son sein suffisamment de qualités pour le recommander. Simplement et pour synthétiser, on regrettera que Robert Fuest n'ait pas su garder le cap de son atmosphère tout du long, on le regrettera d'autant plus qu'à bien regarder quelques séquences fulgurantes, il semble qu'il avait le talent nécessaire pour réussir son film pleinement. On ne sait trop pourquoi Fuest bouda ensuite longtemps le cinéma pour revenir travailler pour la télévision et avant un come-back complètement raté avec "Aphrodite" en 1982. Drôle de cinéaste qui laisse à l'instar de ce film, une carrière aux contours passionnants et aux allures de "aurait pu mieux faire".




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