Sujet : James Ensor
Actuellement exposé au Musée d’Orsay (jusqu’au 4 février, gratuit pour les moins de 26 ans, précipitez-vous), James Ensor est un artiste peintre belge cynique et révolutionnaire à cheval sur le XIX et le XXe siècle, qui collectionnait également toutes sortes d’objets étranges, comme cette merveilleuse sirène mi-carcasse de petit singe mi-poisson :

Parler de peinture c’est comme décrire un feu de cheminée, ça ne vous fera jamais le même effet qu’en le regardant de vos propres yeux. Mais essayons quand même. Je pourrai vous dire qu’il peint comme Turner (des paysages dans une sorte de brouillard), qu’il ferait rêver tous les enfants avec sa collection de masques de carnaval et qu’il dessine au crayon comme un Emo qui s’ennuie en cours d’économie (des têtes de mort), mais ce serait vous faire injure car trop réducteur.

James Ensor est loin d’être seulement morbide/sombre (pour envisager de faire quelques autoportraits post-mortem), anarchiste (pour représenter la haute bourgeoisie belge et l’Église déféquant sur la population) et spirituel (Adam, Eve et le Christ font de nombreuses apparitions dans ses travaux).
Non en fait, que d’apriori, c’est un être en fait très naturel, lumineux et drôle. Naturel par les scènes de la vie courante (une visite du médecin, sa sœur lisant, une corbeille de fruits/légumes). Lumineux car il peut esquisser une bataille sanglante en la rehaussant de rose/miel et bleu ciel et rendre dans certains de ses tableaux la lumière si réelle qu’on la trouverait presque chaude, dans d’autres cadres on pourrait même penser que la toile prend feux.

Puis drôle car il existe un jeu de mots :
Ensor = hareng saur = Art Ensor
(vous êtes sensés trouver ça génial).

