Sujet : La Gare Saint Jean ou gare du midi à Bordeaux
Bon je vous fait un copié collé de mon devoir du premier semestre avec ce qu'il comporte de maladresses mais toutes les infos étant justes, je pense que vous devriez pouvoir vous en contenter.
Identification de l’œuvre
Ingénieur principal : Choron pour la gare,
maison Daydé et Pillé pour la halle métallique.
Architecte : Toudoire Marius( 1852-1912)
Dates : Réception définitive du bâtiment le 28 février 1898
Nom de l’œuvre : Gare Saint Jean
Dimensions : environs 300m sur 70m
Localisation : Bordeaux à l’extrémité du cours de la Marne(ancien cour Saint Jean) entre la rue Charles Domercq et la rue des Terres de Bordes
L’idée de la réalisation d’une gare principale à Bordeaux pour la compagnie du Midi est lancée en juillet 1852 peu après sa création par les frères Emile et Isaac Pereire. Ils financent celle-ci grâce à la création du Crédit Mobilier en 1849.
Le 24 août 1852, une convention est signée entre le ministre des travaux publics, M. Magne, les frères Pereire, Adolphe d’Eichtal et James de Rotschild accordant à cette compagnie, la concession de la voie d’eau du canal latéral de la Garonne. En 1856 la compagnie décide de placer la gare à l’extrémité du cours Saint Jean(actuel cour de la Marne) entre la rue de la gare(actuelle rue Charles Domercq) et la rue des Terres de Bordes. C’est en 1857 qu’un premier choix d’agencement architectural est fait pour la construction de la gare provisoire en bois, il s’agit de deux bâtiments construits de façon parallèle avec l’un consacré au départ et l’autre à l’arrivée des voyageurs dans la tradition des gares de passage.
Dans les années 1862-1863, le choix de l’agencement architectural pour la gare définitive se porte sur un seul bâtiment longitudinal avec pavillon central mais la faillite partielle des Pereire, due à la liquidation du Crédit Mobilier en 1867, arrête les recherches pendant 10ans et ce n’est qu’en 1872 que l’étude est reprise avec la présentation de 3 avants-projets. Mais la compagnie reste encore silencieuse jusqu’à ce qu’en 1882, pressée par le gouvernement et la municipalité, elle se remette au travail. En septembre 1884, des projets avancés de la gare définitive prennent enfin forme avec un souci concernant l’apparence de la gare que l’on souhaite majestueuse.
Le 29 octobre 1886 la ville et la compagnie signent un accord, ratifié par le ministre des travaux publics le 4 novembre, dans lequel cette dernière accepte des clauses qu’elle avait refusées jusqu’ici. En 1887, la compagnie fait appel à l’architecte Marius Toudoire pour s’occuper du programme décoratif de la gare, l’établissement de la structure ayant déjà été réalisé par les ingénieurs principaux de la compagnie dont Choron et Glasser. Ce dernier arrive à Bordeaux en avril 1889 mais il s’était fait représenter sur place par un architecte bordelais.
Le véritable départ des travaux est donné avec la décision ministérielle du 23 juillet 1889. Ils s’échelonneront sur 10ans mais sans subir d’interruption.
Analyse de l’œuvre
La gare est un long bâtiment formé de deux parties reliées l’une à l’autre par le pavillon de l’hôtel Terminus, une pour le départ et l’autre pour l’arrivée des voyageurs. Côté rail rien ne les distingue car toutes les parties sont alignées pour soutenir la halle en acier recouvrant les voies, mais côté ville ces derniers sont différenciés par leur taille et leur structure.
L’aile de l’arrivée se compose de deux pavillons reliés par une longue salle qui était à l’origine destinée à la distribution des bagages. L’aile de départ est composée du hall de départ encadré de deux parties plus basses qui correspondaient aux salles d’attente et au buffet et terminé à ses extrémités par le pavillon Saint Jean au nord(qui faisait face au cour du même nom) accueillant l’administration de la gare et le bureau d’information et de réservation, et par l’hôtel Terminus au sud qui rejoint l’aile d’arrivée par une partie plus basse.
Les pavillons ressortent bien par leur hauteur plus élevée que le reste du bâtiment et leur avancée côté ville.
La halle métallique est accolée à la partie ouest de la gare et mesure 279,6m de long par 55,80m de large et 36m de haut. Elle fut un temps la plus grande halle du monde.
La compagnie du midi a sélectionné des matériaux de qualité pour la construction de la gare autant pour la pierre que pour le bois ou les ciments. Ses façades présentent un vocabulaire antiquisant avec une décoration végétale mais elle reste sobre et exprime ainsi clairement sa fonction contrairement à d’autres gares de son époque.
Pour l’aile d’arrivée, les façades des pavillons sont organisées en 3travées se découpant en 3niveaux avec 2 niveaux de fenêtres pour les deux premiers. Une corniche simple surmontée d’un balcon sépare les deux premiers et les couples d’atlantes encadrent les portes principales, on trouve ensuite une corniche à modillons plus prononcée pour la séparation du second et du troisième niveau. Les fenêtres basses du premier niveau sont surmontées d’un modillon, des consoles encadrent les fenêtres hautes du second niveau et pour le dernier, des fenêtres à fronton en arc de cercle se découpent sur la toiture et encadrent une horloge ornée d’une décoration végétale. Les côtés des pavillons sont organisés de la même façon mais au dernier niveau, on trouve une succession de frontons triangulaires et en arc de cercle sur les fenêtres.
La façade du hall est rythmée de fenêtres à deux niveaux encadrées de pilastres pleins surmontés de chapiteaux corinthiens puis d’une corniche à modillons surmontée d’une décoration d’écussons au niveau des pilastres. On y trouve également une horloge en son centre surmontée d’un écusson.
Pour l’aile de l’arrivée, le décor des pavillons rappelle celui de la façade du hall de départ sauf qu’ils ne font qu’une travée de long. Ils sont également surmontés d’horloges et le côté du pavillon sud est orné de mascarons surplombant les fenêtres du bas, de consoles à écussons surmontant les fenêtre basses du second niveau et ses travées sont rythmées par des pilastres à chapiteaux ioniques. La galerie quant à elle est rythmée par des pilastres pleins encadrant deux baies vitrées à deux niveaux séparées par un trumeau en fer décoré d’une tête hybride à sont sommet, le tout étant surmonté d’une corniche à modillons puis d’une frise à écussons avec des têtes de lions au niveau des pilastres.
Les toitures à terrasse faîtière sont recouvertes d’ardoises rectangulaires ou en écaille de poisson parfois percées d’œils de bœuf.
Le côté rail du bâtiment est structuré de la même façon que la façade de la galerie d’arrivée mais sans autres décorations que des corniches à modillons.
La halle est également très simple et sans décorations. C’est une halle rideau en acier et en verre formant une voûte ogivale reposant d’un côté sur les pilastres de maçonnerie de la gare et de l’autre sur des piliers en acier. Elle est dotée de deux horloges identiques au centre de chacun de ses frontons.
Concernant les deux paires d’atlantes gainés qui ornent le pavillon Saint Jean et l’hôtel Terminus, ils furent réalisés par plusieurs sculpteurs. Venturini et Lefèvre sont chargés en 1894 de réaliser les gaines de ceux-ci. Ce sont également eux qui ont réalisé le reste des ornements décoratifs dit « secondaires ». Mais des sculpteurs plus renommés furent chargés de réaliser les corps des atlantes.
Louis Charles Beylard (né en 1825 à Bordeaux, médaillé de bronze au Salon de 1900 et professeur de sculpture à l’école des beaux-arts de Bordeaux) est chargé de réaliser le groupe du pavillon Saint Jean qu’il livre en 1895. Les bustes de dos semblent symboliser le départ et leurs visages sont en partie cachés par leurs chevelures emportées par un mouvement. Leurs gaines ornées d’un trident(côté sud) et d’un thyrse(côté nord) font penser qu’il s’agit de Neptune et Dionysos symbolisant peut être une alliance de la fête et de la marine mais nous ne connaissons ni ne pouvons développer une iconographie précise.
Le montant réclamé par Beylard semblant excessif à la compagnie, elle décide de faire appel à un autre sculpteur pour réaliser le groupe de l’hôtel Terminus, il s’agit de Gaston Veuvenot Leroux(né en 1854, médaillé du Salon des artistes français et des expositions universelles de 1889, 1900 et 1908). Cette fois les atlantes sont face à la ville, peut être pour symboliser l’arrivée, et la masse de leur musculature est accentuée et renforce l’impression d’effort pour le soutien du balcon. Leurs gaines sont ornées d’un caducée(côté nord) et d’un bâton orné d’une pomme de pin et entouré de vigne(côté sud) ce qui fait penser qu’il s’agit de Mercure et d’Asclépios qui symbolisent peut être l’accueil des malades et des voyageurs fatigués.
Le grand hall de départ est rythmé de colonnes engagées de moins d’un tiers(deux sur les petits côtés et 4 sur les grands) et de pilastres(2 dans chaque travée formée par les colonnes côté ville et 3 dans chaque travée côté rail) de type corinthien. Des baies vitrées encadrées de bois brun s’élèvent entre ceux-ci jusqu’à la frise à trois fasces surmontée d’une corniche à modillons. Le hall est recouvert d’un plafond métallique vitré dans sa partie centrale dont les poutres en treillis retombent sur les colonnes.
Il contenait à l’origine des guichets en bois mais il fût entièrement réaménagé de 1983 à 1987 avec la construction du parc de stationnement sous-terrain et l’adaptation du sous-sol pour obtenir une sortie vers celui-ci. On construisit au niveau –1 la partie « départ immédiat » donnant sur l‘arrêt minute et le parc de stationnement. Le rez-de-chaussée fut réaménagé en mezzanine, entourée de lampadaires des Fontes de Paris style XIXe siècle et de kiosques-boutiques, permettant de faire entrer la lumière par un puit de jour.
Au-dessus des guichets un grand tableau de départ des trains fut installé, ainsi visible depuis la partie « départ immédiat » autant que depuis la mezzanine.
L’ornementation est constituée par une grande carte peinte représentant le réseau du Midi sur le mur nord du hall.
Sur le mur sud, côté buffet, se trouve une huile sur toile abstraite de 9m par 3m du peintre roumain Eugène Tautu nommée « Pèlerin cherchant l’humanité ».
Si on la compare avec la gare Saint Lazare de Paris, construite à la même époque, on trouve plus de sincérité dans la gare Saint Jean dont le rôle est souligné par la simplicité de son décor qui unifie ses différentes parties.
Marius Toudoire est aussi l’architecte des gares de Lyon à Paris et de Toulouse-Matabiau dont le programme décoratif est plus complexe mais qui sont moins majestueuses que la gare Saint Jean. C’est donc la structure pensée par Choron qui lui a donné ce caractère.
La compagnie du Midi a donc réussit à ériger une grande gare imposante par ses dimensions et facilement identifiable par sa structure et son décor simple ce qui représentait bien son souci de rigueur et d’efficacité.
Photographies:
Façade du hall de départ de la gare:
Côté Nord du pavillon Saint Jean:
Aile d'arrivée de la gare:
Rideau intérieur sud de la halle métallique et quai sud de la gare:
Intérieur du grand hall de la gare:
Atlantes de la façade du pavillon Saint Jean:
Je vous donnerais mon avis personnel(et donc plus passionné) sur cette gare un peu plus tard.

Mon blog couture: http://aradiadeadrose.canalblog.com/
J'aime bien l'intérieur de la gare ainsi que sa façade avec l'horloge



